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Marina BENEDIK

Rencontre avec la directrice de Pharmaciens sans frontières

Rencontre avec la directrice de Pharmaciens sans frontières

A 42 ans, Marina Benedik est la directrice de Pharmaciens sans frontières. Association qui, d’Haïti au Cambodge en passant par le Tadjikistan et de nombreux pays d’Afrique travaille à l’accès des médicaments nécessaires aux soins des populations les plus démunies. Le 17 décembre aura lieu l’inauguration des nouveaux locaux de l’association à Bordeaux.

« Si on sait d’où on vient on sait où on va »
C’est sur ces quelques mots que Marina Benedik commence la conférence. Cette phrase prend tout son sens quand la directrice de Pharmaciens Sans Frontières explique d’où elle vient.
Marina Benedik a grandi dans la campagne Croate. A cette époque la région faisait partie de l’ex-Yougoslavie et le pays vivait sous le régime communiste. Elle a vécu son enfance dans une famille d’opposants au régime ce qui explique que depuis toujours Marina Benedik ait été sensible aux injustices. « Très tôt j’ai eu envie de travailler dans le milieu de la solidarité, j’y ai toujours pensé». Il a fallu qu’elle fasse des études, alors Marina Benedik a choisi la filière médicale et pharmaceutique. Et cela dans l’espoir de partir à l’étranger aider les populations dans le besoin. Réussissant avec brio dans ces filières, elle continue dans le domaine de la santé publique. Marina Benedik a poursuivi ses études à Zagreb et cela pendant la guerre. Evidemment, elle était engagée durant cette période de guerre. « J’étais engagée car la vie continue. On la vit de façon plus intensive, cela permet de se retrouver et de savoir ce qui est important dans la vie. Elle est belle et il ne faut pas passer à côté d’elle. »

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Comment a-t-elle pris contact avec les ONG ?
Durant cette période de guerre, de multiples ONG sont venues au secours des populations. Les associations étaient en majorité françaises. Marina Benedik a donc décidé de partir dans notre pays pour y apprendre la langue. C’est en France qu’elle va connaître Pharmaciens Sans Frontières et contacter l’association dont les locaux sont à Clermont-Ferrand. Alors que la guerre est déclarée en Bosnie-Herzégovine elle se met à leur disposition pour travailler dans les camps de réfugiés bosniaques en Croatie mais se voit refuser la mission car les volontaires ne sont pas envoyés dans leur pays d’origine. Ce ne fut pas une déception dans la mesure où Pharmaciens Sans Frontières lui propose de partir au Rwanda. A l’époque, nous sommes en 1994, le pays venait tout juste de subir un génocide sans précédent. La jeune femme part alors pendant un an.

Qu’est ce que Pharmaciens Sans frontières ?
Suite au constat que dans le monde trop de personnes sont privées de médicaments, Pharmaciens Sans Frontières se crée en 1985.
90% des médicaments produits par l’industrie pharmaceutique sont destinés aux pays riches alors que les populations pauvres constituent 80% de la population mondiale. Aujourd’hui, plus de 2 milliards de personnes n’ont pas accès aux médicaments essentiels.
Pharmaciens Sans Frontières est une association ayant pour objectif de permettre aux populations démunies d’avoir accès aux médicaments. Au départ l’association travaillait à l’aide de récupération de médicaments. Mais les volontaires se sont rapidement rendu compte que ces derniers de correspondaient pas aux besoins des populations dépourvues. L’association a alors oeuvré avec l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et d’autres ONG afin de mettre en place des stratégies applicables aux besoins des populations démunies en terme de santé. Suite à cette réflexion une liste de « médicaments essentiels » regroupant 360 molécules sous forme générique a été mise à jour. A l’aide de ces quelques médicaments il est possible de soigner 80% de la population mondiale pour toutes les pathologies classiques.

Quelles sont les missions de Pharmaciens Sans Frontières ?
A l’heure actuelle l’association a deux types de missions celle dite « d’urgence » et celle de « développement ».
En ce qui concerne les missions d’urgence, Pharmaciens Sans Frontières achète et distribue les médicaments essentiels génériques. Et cela, après avoir fait une analyse des besoins du terrain. Suite à cette étape, une commande est envoyée au siège de l’association qui se charge de mettre en concurrence les différents fournisseurs du monde entier avant de commander les médicaments. L’appel d’offre étant proposé en priorité aux entreprises locales de manière à aider au développement du pays. Tout cela dans le but d’avoir le meilleur rapport qualité/prix possible. Tel a été le cas au Congo ou encore au Sud Soudan.
Bien souvent l’association doit aussi gérer les flux de médicaments venus de l’étranger lors d’importantes catastrophes et qui ne sont pas adaptés aux besoins. Même si ces actes sont issus de la générosité de citoyens du monde entier « il faut faire comprendre que l’humanitaire a changé et qu’il se professionnalise et cela dans le but d’être toujours plus efficace ». Enfin, Pharmaciens Sans Frontières doit lutter contre la contrefaçon. Et oui, cela existe aussi dans le secteur du médicament. La contrefaçon représente 10% de la production mondiale soit plusieurs milliards de dollars.

Pour les missions de développement durable, les projets sont mis en place avec les autorités sanitaires locales. L’objectif étant d’arriver à l’autonomie médicamenteuse de ces pays. Pour cela, Pharmaciens Sans Frontières injecte un premier lot de médicaments dans le pays qui va être vendu à la population à un prix adapté aux finances de chacun. L’écoulement de ce premier stock va permettre de financer le second et ainsi de suite. Selon les pays il faut entre 3 et 10 ans pour arriver à une totale autonomie.

Evidemment, tout cela ne peut se faire sans l’aide des bénévoles qui s’expatrient en moyenne pour une année. Parmi eux, il y a des pharmaciens, des logisticiens, des médecins et des infirmières…

Comment PSF est arrivé à bordeaux ?
Les locaux de l’association à Clermont-Ferrand, se trouvaient sur un terrain militaire qui devait être revendu. Pharmaciens Sans Frontières décide de profiter de cette occasion pour changer de région. Plusieurs villes étaient en concurrence et si Bordeaux a été choisi c’est parce qu’elle a su présenter une candidature sans faute. Un comité local composé de personnalités bordelaises des médias, des entreprises, de la politique a été créé pour soutenir la candidature. De plus, la région, le département, la communauté urbaine de bordeaux et la ville de Bordeaux ont donné 87 500€ pour aider à l’installation de l’association. Trente personnes vont travailler dans les nouveaux locaux de l’association.

Solène Chazal, EFAP 2 Bordeaux

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EFAP, l’école des métiers de la communication

Publié le 16/01/2008

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