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La fête des voisins

"Petits services entre voisins", par Laura Boucila

“Petits services entre voisins”,par Laura Boucila

Dans nos grandes villes, nous vivons pour la grande majorité dans des immeubles. En France, 40% des logements des grandes villes sont occupés par des personnes seules. Paradoxe et privilège vicieux de l’Homme, nous ne supportons pas l’Autre et cherchons à s’en éloigner, pourtant nous avons indéniablement besoin d’autrui. Aux sceptiques réfractaires à cette idée, je préciserais qu’il ne s’agit, hélas, pas seulement du besoin de combler un mal être existentiel ou une envie de reconnaissance. Physiologiquement nous avons besoin de l’Autre car à la naissance, l’humain est un être à moitié terminé. Sans volonté de faire de l’humour, l’homme a effectivement besoin de l’autre pour réaliser sa nature et ses connexions nerveuses. Sans stimuli sociaux et intellectuels, l’homme peut dire adieu à son langage, sa technique, sa motricité mais aussi… à sa libido ! En effet, en vivant reclus de ses congénères, l’homme n’apprend pas à désirer son semblable.

À l’heure actuelle, et cela sans exagérer, on pourrait définir notre voisin de la façon suivante. Le Voisin est un parasite, un intrus intrusif et dérangeant. Le Voisin prend différentes formes, il peut être une menace en talons aiguilles ou un bricoleur du dimanche soir. Il est un lien mineur, voire inexistant à notre univers avec lequel nous nous efforçons d’avoir une non conscience… et vice versa. Le « bonjour » dans l’ascenseur est la B.A quotidienne, et la discussion forcée… un supplice.

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Alors, nous l’avons bien compris depuis le temps qu’on nous le rabâche, nous vivons dans une société peuplée d’ignobles individualistes en proie à une dualité nombriliste qui nous rend insensibles aux autres ! Cependant on ne peut pas non plus être trop utopiste, nous sommes forcés de constater que les rythmes de vie ont changés ainsi que les relations familiales qui formaient les piliers des existences de nos chères grands-mère. Et forcés d’admettre qu’il y a des avertisseurs aux risques de se réveiller un matin dans une société où les relations sociales auront été étatisées. Nous en voyons les prémices avec l’apparition depuis quelques années de services palliatifs dans les hôpitaux. Les infirmières ont remplacés les enfants et la chambre de l’hôpital celle de la maison.

Héroïquement un homme a compris notre nécessité de sociabilité. En 1990, Atanase Périfan et ses amis créent « Paris d’amis », ce qui deviendra « Immeubles en fête », on se demande d’ailleurs si ce n’était pas après avoir lu Kant. La fête des voisins est devenu un antidote à l’anonymat et à l’isolement ambiant de nos métropoles.

De cette peur de l’Autre sont nés ce qu’on pourrait appeler des « commerces de proximité » avec tous les services que cela engrange. Avec la fête des voisins on hérite d’une famille de substitution pour les soirs de réveillon mais aussi d’une ANPE avec des offres d’emploi. Cette solidarité de proximité incite presque à un État autarcique en proposant les mêmes services avec avantages en prime, comme la halte-garderie à domicile.

Cependant étant humain lui aussi, Atanase Périfan savait éperdument que s’il présentait son projet comme étant une solution à « l’insociable sociabilité » de l’homme, celui-ci n’allait pas remporté un franc succès. Alors comme avec les enfants, pour nous faire avaler quelque chose que nous ne voulons pas admettre, il s’est servi d’un subterfuge. En associant voisin et « fête » ça ne pouvait être qu’une réussite ! L’engouement des gens pour la fête est fort car il est synonyme de dynamisme et de joie, choses pour lesquelles nous ne sommes jamais rassasiés.

Cette belle organisation est avant tout pleine d’altruisme, car pour mieux vivre ensemble, elle se veut d’abord créatrice de liens sociaux désintéressés avant d’être créatrice économique. Ce mouvement loin d’être snob est humain. Il n’est ni élitiste, ni plein de préjugés. Le concept a rencontré tellement de succès que ce sont les associations des Maires de France et les bailleurs sociaux qui sont souvent à l’origine de la « fête » dans leur ville.

Chaque voisin apporte sa petite contribution à la réussite de cette entreprise. C’est actuellement un peu la définition de l’Europe. C’est d’ailleurs peut être pour cela qu’il s’agit maintenant d’un événement devenu européen et qui a réuni plus de 8 millions de participants l’an dernier. Pour cette 9ème édition, les acteurs de cette journée de la fraternité, et cela depuis 2004, n’en attendent pas moins. C’est dans ces circonstances que le terme « citoyen » prend tous son sens.

Immeubles en fête
Mardi 26 mai 2009
le site internet.

✒ Retrouver l’interview de Jean Shonggeu, EFAP 3, en stage chez Immeubles en fête (à venir)

EFAP, l’Ecole des métiers de la communication

Caroline DE LASTIC

Caroline CHAZOT, Chargée de Promotion, Radio Scoop

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