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Pierre BONCENNE, Denis HUISMAN: l’intervieweur interviewé

Interview de Pierre Boncenne dont les questions ont été formulées par Denis Huisman.

Dernièrement, Pierre BONCENNE a réalisé les entretiens nécessaires à la rédaction de l’autobiographie de Denis Huisman, « La rage de communiquer » (éd. Bourin).
Mais cette fois-ci, les rôles sont inversés, voici une interview de Pierre BONCENNE dont les questions ont été formulées par Denis HUISMAN.

imageDenis Huisman : Quelle passion vous a poussé vers Jean-François Revel ?Pierre Boncenne : Au milieu des années 60, mon père dirigeait le groupe de presse Américain Time Lifeà Paris. Par la suite, en 1965, Time Life a racheté les Editions Robert Laffont. Cette même année, J.F Revel est entré chez Laffont, et c’est à ce moment là que je l’ai rencontré.
Tout comme lui, j’ai toujours été passionné de littérature, de philosophie et de journalisme. Une forte complicité est rapidement née entre nous. C’était plus qu’une simple rencontre. J’admire cet homme: sa passion pour la vérité, ses propos parfois dérangeants. Dès 18 ans, il s’est engagé dans la Résistance. En 1945, quand le nazisme fût écrasé, il s’est révolté contre le totalitarisme communiste en dénonçant la fascination de certains pour le stalinisme. Il fut, malgré tout, souvent critiqué. De nombreuses passions communes nous rapprochent, y compris les courses de chevaux, la gastronomie, sans oublier l’Amérique Latine. Je suis en effet d’origine Franco-Colombienne, il est lui-même grand connaisseur de la culture Sud-américaine.
J’ai voulu publier un livre sur lui de son vivant pour lui rendre justice car, à ma stupéfaction, aucun livre n’avait été écrit à son sujet.

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DH : L’avez-vous interviewé dans votre livre « Faites comme si je ne vous avais rien dit » ?PB : Oui, il y a effectivement une interview de Jean-François Revel dans mon ouvrage, mais notre entretien repose essentiellement sur la poésie, qui était une autre de nos passions communes. Il connaissait par cœur une multitude de poèmes. Il avait d’ailleurs publié Une Anthologie de la poésie française (éd. Robert Laffont), très remarquée à l’époque. Cette œuvre à la fois curieuse et engagée comprenait des poèmes dont certaines strophes étaient volontairement supprimées. De même, il a choisi volontairement de ne pas inclure certains grands poètes, tels Louis Aragon et Camille Claudel, dans son ouvrage.

DH : Aviez-vous placé une ou plusieurs de ses œuvres dans votre « Bibliothèque idéale » ?PB : Oui. J’y ai inclus deux de ses ouvrages : « Pourquoi les philosophes ? » (son premier ouvrage, publié en 1957 chez R. Laffont) et La connaissance inutile (éd. Hachette). Jean-François Revel est, pour moi, un homme de grand talent. Il suffit de le lire, de regarder, de « déguster » ses formules, pour se rendre compte que c’est fondamentalement un écrivain.

DH : Quel effet cela vous a fait d’obtenir le prix Renaudot ?PB : Cela m’a fait beaucoup d’effet au sens où il n’y a eu aucune « magouille». Auparavant, de nombreux articles étaient rédigés sur mes livres. Étant le collaborateur de Bernard Pivot, j’avais des doutes quand à l’intention de ceux qui les publiaient.
Depuis quelques années, je me tiens en retrait. J’écris des livres pour vivre et je collabore uniquement avec une revue du BTP (Bâtiment et Travaux Publics). Aujourd’hui, je peux croire que j’ai été jugé sur la valeur réelle de mon ouvrage. C’est aussi une immense satisfaction, car j’ai eu un mal fou à concevoir ce livre, à cause de problèmes de santé. Finalement, je suis content, essentiellement pour trois raisons : premièrement, les jeunes vont enfin connaître Revel, personnalité jusqu’alors célèbre, mais méconnue. De plus, c’est un honneur pour moi de succéder à Simon Leys (prix Renaudot de l’essai, 2001), et enfin, pour être honnête, ça rapporte de l’argent.

DH : Vous avez triomphé d’adversaires très connus et puissants. Quelle impression vous à fait cette victoire ?PB : Mes deux derniers concurrents, l’historien Benjamin Stora et le journaliste Pierre Lepape, sont publiés respectivement chez Stock et Grasset (deux maisons appartenant au groupe Hachette). De mon côté, je suis édité chez Plon, qui ne fait pas partie des éditeurs habituellement récompensés. Ce n’était donc pas gagné pour moi. Ce qui est amusant c’est que le hasard a bien fait les choses. En effet, les éditions du Seuil n’ont pas voulu éditer mon livre, je me suis alors tourné vers Plon. Comme le jury du prix Renaudot a primé, dans la catégorie roman, un auteur édité au Seuil, Alain Mabanckou, il n’aurait peut-être pas récompensé, pour l’essai, un livre publié aux éditions du Seuil.

Propos recueillis par Laurie Cathalifaud et Aurélie Aimé

Prix Renaudot 2006

École de communication EFAP - Prix Renaudot 2006

Les Métiers de la communication

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