Accueil > Archives 2005-2012 > Presse gratuite: le sondage de l’EFAP

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La lecture des journaux gratuits ne contribuerait pas de façon significative au déclin de la lecture de la presse quotidienne payante.Telle semble être la leçon de l’enquête réalisée par les étudiants de l’EFAP à Paris.

Lors de la semaine du 14 au 18 novembre 2005, les étudiants de deuxième année de la filière Agence et Entreprise de l’EFAP ont interrogé un échantillon de 1380 lecteurs de journaux gratuits à Paris. Parmi eux, 49% lisent 20 minutes, 42% lisent Metro et 9% lisent diverses publications gratuites. On note une dimension aléatoire de cette lecture puisque 62 % déclarent n’en lire que lorsqu’ils en trouvent contre 15% seulement qui s’y consacrent de façon quotidienne. Il s’agit là d’ailleurs d’une lecture assez circonstancielle puisque 61 % des personnes interrogées les lisent dans les transports alors que seulement 16 % les rapportent chez eux pour les lire de façon tranquille. Pour autant, l’indice de satisfaction est assez élevé puisque, si 28% jugent l’information superficielle et 3% carrément mauvaise, ils sont 24 % à apprécier l’information fournie comme « de qualité et complète » et 45 % à la considérer comme « de qualité quoique trop rapide ».

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C’est à la question « lisez-vous régulièrement un autre journal ? » qu’il faut s’arrêter car ils sont 61 % à le faire quand seulement 39 % n’en lisent pas : et la raison de ce maintien de l’autre journal payant est claire : 88 % considèrent qu’il les informe mieux. Parmi ces adeptes de l’autre journal, arrivent en tête les lecteurs du Monde   ( 22%), du Figaro (20%) et du Parisien (19%).

Quant à ceux qui ne lisent que des journaux gratuits, ils sont 73 % à avouer qu’auparavant, ils n’en lisaient aucun : ce qui soulignerait le rôle plutôt favorable quant au développement d’un lectorat nouveau joué par les gratuits.

Parmi les 27 % qui ont abandonné la lecture d’un quotidien payant au profit des gratuits, on retrouve les lecteurs du même trio « Le Figaro /Le Monde /Le Parisien ». Pour quelles raisons cet abandon ? 33 % indiquent le manque de temps, 31 % des raisons financières, tandis que 23 % avouent leur attirance positive vers un autre média.

Cette enquête confirme un point important : si les journaux gratuits contribuent à diminuer les recettes publicitaires de la presse quotidienne nationale, ils ne jouent qu’un rôle mineur dans la diminution de leur lectorat. Il se pourrait même qu’en attirant de nouveaux lecteurs, au départ occasionnels, puis de plus en plus fidèles, vers une lecture quotidienne, ils finissent par nourrir le vivier des lecteurs de quotidiens payants.

(illustration extraite du sondage)