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Radia Cheikh Lahlou- promo 99- se nourrit de l’Evénement avec un grand E. Ambitieuse et sensible, elle multiplie les projets pour son agence marocaine “Déclic”. Portrait.


Quels souvenirs gardez-vous de votre parcours à l’EFAP ?

Je ne peux dissocier mon parcours à l’EFAP de mon passage à l’âge adulte !
Sortant du cocon familial, habitant dans un pays que je connais certes mais qui n’est pas le mien, j’ai du faire face à mes premières responsabilités en tant qu’étudiante.
L’immersion dans la vie active dès la 1ère année a été révélatrice pour moi de nouvelles ambitions et de nouvelles passions !  Ensuite, il y a eu l’EFAP NYC qui a fini de me former en tant que professionnelle et en tant que personne !
Il y avait 8 stages et emplois différents sur mon CV à la fin de mon parcours à l’EFAP : huit expériences qui m’ont appris le métier que j’exerce aujourd’hui mais qui ont révélé en moi le goût du travail bien fait, la détermination et le sens du détail…Des qualités nécessaires pour être un bon communiquant.


Comment se sont passées ces quelques années en France ?

Je connais la France depuis toujours et j’ai pour ce pays un attachement très fort.  J’ai grandi en sachant que ce serait à Paris que je vivrai mes premières années d’étudiante. Ces années ont donc été fortes de découvertes et d’ouvertures.


Pouvez-vous nous rappeler votre parcours depuis l’obtention de votre diplôme de l’EFAP?

Grace au visa de travail accordé par le gouvernement américain, j’ai pu rester à NYC une année de plus après l’obtention du diplôme de l’EFAP.
Je n’ai eu aucun souci à me faire embaucher par l’entreprise qui m’avait accordée mon premier stage sur le sol américain. Zand & Associates était une agence qui se chargeait d’adapter la communication d’entreprises françaises aux codes américains. J’y ai donc passé ma dernière année.
Retour au bercail en 2001 ou j’ai été embauchée par Capital Events Maroc qui venait d’être créée. J’ai alors pu adapter mes connaissances au marché marocain et découvrir le contexte qui était propre à mon pays.
Un peu moins de trois ans plus tard, je quittais Capital Events pour me consacrer à d’autres priorités notamment personnelles.  Mais l’appel de l’événement n’a pas tardé à se faire entendre et j’ai, sur un coup de tête je dois l’avouer, créée Déclic – Conseil en Stratégie Evénementielle en 2007.
L’agence a aujourd’hui un peu plus de 3 ans et emploi 6 autres personnes.

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Quelles sont les spécificités de la communication événementielle au Maroc ?

Il faut noter tout d’abord que depuis une dizaine d’années, le Maroc est devenu terre d’événements. Les entreprises étrangères y organisent leur team building et le Maroc compte de nombreux festivals (Gnaoua, Mawazine, musique sacrées etc…).
De vrais challenges jalonnent notre quotidien :anticiper et comprendre les attentes d’un public dont les spécificités ne sont pas toujours les mêmes qu’en Europe, gérer et minimiser le risque : « l’aléatoire » est plus difficilement maitrisable au Maroc qu’ailleurs.
Mais le métier s’organise, devient de plus en plus reconnu grâce à des agences qui savent livrer des événements très professionnels et qui n’ont rien à envier à ce qui se fait ailleurs dans le monde.


A quoi ressemble une de vos journées de travail ?

Entre les staffs meetings, les briefings et débriefings clients, mes journées sont assez rythmées.  Comme dans toutes les autres agences, mes journées sont bien entendu interminables dès que nous sommes sur le terrain. Nous nous plaisons d’ailleurs à dire en interne que tous nos efforts au quotidien visent à être un maximum en production et non derrière nos bureaux respectifs.
Voir les événements que nous avons pensé se réaliser sous nos yeux, est quelque part une des raisons pour lesquelles je continue de faire ce métier avec passion.


Y a –t-il un événement, une anecdote durant votre carrière qui vous aura marqué plus qu’un autre ?

Je passerai outre les anecdotes du style : l’hôtel où nous aivons réservé 50 chambres pour un événement qui décide d’annuler notre réservation 48h de l’événement pour cause de surbooking ou encore le DG d’une très grande entreprise marocaine qui se retrouve bloqué à cause du volcan islandais 24heures avant une conférence de presse capitale … Là il faut savoir réagir à froid et surtout être force de proposition pour accompagner le client jusqu’au bout et assumer notre rôle d’agence conseil.
Mais depuis 10 ans que je fais ce métier, ce qui continue de me toucher c’est de voir comment une rencontre peut marquer les esprits et à quel point l’émotion est capitale dans un événement: voir les hommes se rapprocher, tisser des liens réels, se fédérer pour traverser une crise par exemple me surprend toujours autant. Quand l’émotion devient palpable, je considère que nos objectifs ont été atteints !

 

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Avez-vous des projets, des aspirations pour la poursuite de votre carrière ?

Déclic – CSE va dès 2011 élargir sa palette de services et anticiper les attentes des annonceurs marocains : nous avons pour objectif de développer une série d’événements à portée citoyenne afin de sensibiliser le grand public à des problématiques telles que la nutrition par exemple.


Revenez-vous souvent en France ?

Je suis très attachée à la France. J’y suis plusieurs fois par an, que ce soit pour des rendez vous professionnels ou pour profiter d’un week end et changer un peu d’air. Casablanca étant à moins de 3 heures de Paris, cela simplifie beaucoup les choses !


Le mot de la fin ?

“Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront”.
William Perkins, grand magnat de l’événementiel aime beaucoup ces vers de René Char. Je les lui emprunte à mon tour.
Je recommande, par ailleurs,  à tous de lire le livre de Monsieur Perkins qui raconte une très belle aventure… événementielle !

 

Propos recueillis par Marine Deperne-EFAP III


EFAP, l’école des métiers de la communication