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Céline Pagnoud est une ancienne étudiante de l’EFAP Lyon. Elle a été diplômée en 2003 et, trois ans plus tard, elle est partie vivre à Toronto au Canada (Ontario) pour y rejoindre son conjoint, canadien anglophone.

Avant le Canada, quel a été votre cursus professionnel ?
J’ai effectué des stages en France pendant l’EFAP et au cours de mon Master (dans une boutique à Lyon et dans un office de tourisme en Provence) et j’ai eu des petits boulots d’appoints. Mais le gros de mes autres stages s’est effectué à l’étranger (notamment un stage dans une agence de communication à Malte et un emploi de co-manager dans un centre d’affaires près de Turin pendant les Jeux Olympiques).

Vous êtes-vous bien adaptée à la vie sur place ?
Je pense aujourd’hui m’être extrêmement bien adaptée mais au début ça a quand même été très difficile. Je me suis retrouvée confrontée à une langue et une culture complètement différentes (le Canada est très loin d’être bilingue !!) et même si Toronto est une des villes les plus multiculturelles au monde, je me sentais comme une étrangère les premières semaines. J’ai eu beaucoup de mal à trouver un travail dans ma branche à cause de ma “non-expérience canadienne” qui joue énormément contre les nouveaux arrivants.  Mais à force de persévérance, j’ai trouvé un très bon poste bilingue : mon employeur m’a fait entièrement confiance et me laisse beaucoup de liberté dans mon travail. Je viens d’ailleurs de recevoir une promotion après une seule année dans la boîte : cela n’est pas donné à tout le monde !

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Aujourd’hui je suis inscrite dans des associations sportives, je prends des cours de loisirs créatifs et de musique, je participe à beaucoup d’activités culturelles locales et je voyage le plus possible au Canada, aux Etats-Unis et en Amérique Centrale. J’ai des amis canadiens anglophones mais aussi pas mal de français de France qui sont à Toronto.

Avez-vous envie de revenir vivre en France ?
Ce n’est pas l’envie de revenir en France qui me manque. La culture française, la nourriture et mes habitudes du quotidien, sans parler de ma famille et de mes amis qui me manquent beaucoup. J’essaie de vivre mon expérience canadienne actuelle à fond comme un bonus pour ma personnalité et ma carrière. Je n’exclus pas non plus l’idée de tenter l’expérience dans d’autres pays.

Où travaillez-vous actuellement ?
Je suis “Manager des Services aux membres et de l’information” pour l’Association Canadienne des Annonceurs. Il s’agit d’un organisme national affilié à la WFA (World Federation of Advertisers) et dont le but est de défendre les intérêts des entreprises qui vendent et annoncent leurs produits au Canada. Nous avons près de 200 entreprises et divisions membres dont le chiffre d’affaire combiné s’élève à environ 350 milliards de dollars par an. Notre objectif est d’aider nos membres à maximiser la valeur de leur investissement en communication, marketing et à défendre leurs droits à travers notamment des conférences et séminaires, un programme de formations bilingues, des publications spécialisées, des services-conseils privés ainsi que la défense générale de la liberté d’expression commerciale auprès des gouvernements et autres organismes de l’industrie pour une publicité responsable et efficace sur le plan budgétaire.

En quoi consiste votre travail ?
Mon travail consiste notamment à gérer et coordonner les services offerts à nos membres et à assister dans l’organisation de notre programme de formations francophones du Québec. Je travaille également sur les différents comités et sur les séminaires et conférences offerts à nos membres. J’ai aussi un rôle dans la partie recherche et information pour favoriser l’acquisition de connaissances de nos membres et en prospecter de nouveaux.

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Quelles sont les différences entre votre poste et un même poste en France ?
J’ai l’impression que mon poste est plus polyvalent et plus ouvert qu’il le serait en France. Je trouve aussi que j’ai plus de liberté et de marge de manœuvre : mes supérieurs me font confiance et me laissent la possibilité d’innover. D’autres points sont plus négatifs par contre, donc je ne pense pas que les différences soient spécifiquement dues au pays - même si ici la culture d’entreprise est différente. La différence fondamentale vient sûrement du fait que les expériences diverses et la personnalité du candidat jouent plus au moment de l’embauche que les diplômes ou les notes. La culture personnelle du candidat et son parcours, même très divers ou incohérent, sont souvent des atouts. Lors de plusieurs entretiens, on m’a posé des questions sur mes voyages ou mes loisirs plutôt que sur mes expériences professionnelles qui correspondaient de toute façon au profil du poste.

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de l’EFAP ?
J’ai fait de très belles rencontres à l’EFAP et je garde de très grandes amitiés avec des camarades de classe comme avec une intervenante (ils se reconnaîtront !). Je me suis aussi franchement éclatée avec mon mémoire : il m’a permis de trouver ma voie (enfin !) en enchaînant sur un Master.

Que vous a apporté l’EFAP dans votre métier actuel ?
Une bonne base de connaissances de la communication et du marketing. Une compréhension des rouages qui me permet d’avoir une bonne culture générale et d’avoir l’envie et la curiosité d’apprendre. La facilité à interagir avec mes collègues et les gens de l’industrie, suite aux études de cas et travaux de groupes.

Pensez-vous que l’étranger puisse être une opportunité pour nos futurs diplômés ?
Complètement. L’étranger offre une perspective nouvelle et fascinante sur le monde de la communication. Il faut sans cesse se dépasser et toujours apprendre : tout cela est encore plus valorisant quand on le fait dans un autre milieu, une autre langue, une autre culture. Il faut être un caméléon du quotidien. Tout cela apporte un apprentissage sur soi et sur les autres qu’on n’aurait pas ailleurs. Aussi, la personnalité de chacun joue pour beaucoup, mais notre point de vue d’étranger apporte souvent de nouvelles choses aux débats et est donc valorisé. Cette expérience m’a ouvert l’esprit et la culture à beaucoup de choses que je n’aurai jamais soupçonnées et qui seront extrêmement valorisantes lors de mon retour en France.

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Un souvenir particulier… ?
Je me souviens de mon premier jour au Canada où je devais me rendre à la banque. J’ai vu que la succursale était située sur la même rue que mon appartement (moi au 50, la banque au 1240) alors je me suis dit que j’irai à pied pour faire une ballade. Au final, j’ai marché presque 1h30 et je suis arrivée à la banque 5 minutes avant la fermeture !! Ensuite, j’ai vraiment compris la dimension des villes Nord Américaines et je me suis acheté une carte de bus et un vélo !


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Propos recueillis par Anaïs Beurois, EFAP 2


EFAP, l’École des métiers de la communication