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Mathilde Montel est une ancienne EFAPienne de Bordeaux, diplômée en 2007. Elle est partie vivre à Dubaï dans les Emirats Arabes Unis.

Quand êtes-vous partie vivre à Dubaï ?
J’ai eu la chance de trouver un emploi quelques semaines après l’obtention de mon diplôme. Je suis donc partie début août 2007.

Pour quelle raison êtes-vous partie dans cette ville ?
J’ai grandi au Moyen-Orient au Sultanat d’Oman et les 4 années d’études en France ont été un déchirement pour moi ! Le pays me manquait terriblement, et j’ai toujours gardé l’objectif d’y retourner par moi-même. J’ai préféré me tourner vers les Emirats Arabes Unis qui sont actuellement en pleine expansion. Il y a beaucoup d’opportunités ici.

Connaissiez-vous Dubaï précédemment ?
Je venais souvent passer quelques jours à Dubaï pendant les vacances scolaires. C’est très proche de Mascate, la capitale du Sultanat d’Oman, où je vivais.

Vous êtes-vous bien adaptée à la vie sur place ?
Très bien, cependant je ne m’attendais pas aux prix des loyers qui sont simplement incompréhensibles. Pour l’instant il n’y a aucune réglementation là-dessus et tout le monde s’enflamme avec des prix inabordables.
Sinon, je me suis très rapidement investie à fond dans mon travail pour me familiariser avec les médias locaux et montrer de quoi j’étais capable. Je n’arrête plus depuis!

Comment se passe la vie là-bas ?
La vie ici est très contradictoire : la ville est en pleine construction et les immeubles se montent à une vitesse fulgurante. Ils veulent à tout prix faire du tourisme leur business, avant qu’il n’y ait plus de pétrole. En revanche, le monde de la communication n’est pas aussi ‘pro’ qu’on pourrait le croire : beaucoup de radios et chaînes TV se montent mais n’ont pas réellement d’expérience.
Le pays est très ouvert aux étrangers et l’Islam ne rentre pas en conflit car les expatriés respectent la culture du pays et comprennent mieux la religion.

Avez-vous envie de revenir vivre en France ?
Seulement en vacances, pas pour y vivre et y travailler.

Où travaillez-vous actuellement ?
Dans une entreprise créée par deux sœurs Arméniennes en 1999 : Center Stage Management (CSM). Elles organisent des concerts avec des artistes internationaux et se spécialisent de plus en plus dans les festivals de musique.
Le premier festival pour lequel j’ai travaillé le 27 et 28 Octobre, est le Dubai Desert Rhythm Festival. La tête d’affiche était constituée de Kanye West, Mika, Joss Stone, Ziggy Marley, Madness et d’autres.
Les 6 et 7 Mars, le Dubai Desert Rock Festival a fêté son cinquième anniversaire et s’est déroulé sur 2 jours avec Muse, Korn, Velvet Revolver (anciennement Guns ‘N’ Roses) et une dizaine d’autres groupes de rock internationaux. Nous avons accueilli 28,000 personnes et avions en première mondiale le premier bar suspendu à 50m de hauteur avec des barmen et DJs professionnels.
Au sein de ce festival, on organise également un tremplin de jeunes talents venant du Moyen-Orient, Shamal Battle, et permettant au gagnant de jouer en première partie, sur la même scène que tous les artistes internationaux.
Prochainement, Urban Desert Festival avec Akon, Fat Joe, Black Violin et deux DJs internationaux aura lieu les 11 et 12 Avril en Afrique du Sud et le 18 Avril à Dubai. Je vais bientôt me rendre sur place pour finaliser la promo à Capetown et Johannesburg, que j’ai commencé à partir de Dubaï.

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Elles ont aussi une maison de disque indépendante “Spellbind records” pour laquelle je suis attachée de presse des artistes. Notre priorité est un groupe d’Abu Dhabi, Juliana Down, qui a notamment fait la première partie de Justin Timberlake en Décembre dernier.
Ils vont partir en tournée à la sortie de leur prochain album avant l’été.

Nous avons aussi un groupe de heavy metal, Nervecell, qui sort son album le 1er Avril, entre autres.

Mon travail au sein du label consiste à promouvoir au mieux ces artistes pour qu’ils aient une bonne exposition locale et si possible internationale (presse locale, concerts/tournées/première parties etc.).

Que faites-vous au sein de ce travail ?
Je suis la responsable de communication de CSM et je prends en charge tout l’aspect relations publiques et marketing des événements. Cela consiste à trouver les partenaires pour la promotion, faire les contrats, mettre à jour les sites Internet voire en créer, faire des conférences de presse, sélectionner les medias qui pourront accéder à l’enceinte du festival, réserver les vols/hôtels des journalistes internationaux étant en voyage de presse, faire le menu pour l’espace presse au sein du festival, être en relation directe avec les managers des artistes pour gérer les interviews, créer les plaquettes de l’entreprise, préparer les stands pour les expositions etc etc.

Au sein même du festival, j’organise les interviews pour les artistes, la rencontre avec les fans, je m’assure du bon déroulement des lives radio (Desert Rock était retransmis en live a Washington sur DC101) et d’une bonne exposition publicitaire de chacun de nos partenaires et sponsors.

C’est super de pouvoir rencontrer des artistes qui ont traversé les générations, qui remplissent des stades entiers aujourd’hui, et qui, pour beaucoup, sont légendaires. Ce travail m’apporte des expériences inoubliables, des voyages, un très bon carnet d’adresses, une relation directe avec les plus gros medias (MTV, Billboard, RockSound, NRJ, The Independent, DC 101) ...

A quoi ressemble une de vos journées types ?
J’arrive au bureau à 9h, je consulte mes mails, et je ne quitte pas l’ordi jusqu’au soir, sauf pour aller à des rendez-vous la journée ! Le travail en amont prend beaucoup d’énergie et de temps. En période de festivals, il y a toujours des imprévus et les journées ne se ressemblent pas !!

Quelles sont les différences entre votre poste et un même poste en France ?
La différence est que je n’aurais jamais eu ce poste en France ! Du moins, pas avant une bonne dizaine d’années d’expériences.

Avez-vous gardé contact avec des anciens EFAPiens ?
Bien sûr, je garde de très bons souvenirs et de très bons amis de mes années EFAPiennes.

Que vous a apporté l’EFAP dans votre métier actuel ?
L’EFAP m’a permis de trouver ma voie dans le vaste monde de la communication. J’ai pu me spécialiser dans l’événementiel et la musique rapidement, me construisant un CV assez important pour approcher de grosses entreprises sans faire ‘jeune diplômée’.
J’ai aussi appris à structurer un plan de communication afin de ne pas faire différentes opérations dans tous les sens. Mon mémoire m’a aussi réellement permis de bien connaître le marché du disque / de la musique.
Bien sûr, j’apprends énormément sur le tas, ici, vu la masse de travail et l’importance de chaque événement, mais l’EFAP m’a apporté la capacité de pouvoir m’adapter rapidement à toutes les situations auxquelles je dois aujourd’hui faire face.

Quels avantages peut apporter le fait de partir travailler à l’étranger ?
L’étranger apporte une ouverture d’esprit, la connaissance d’autres cultures, et une expérience personnelle en plus d’une opportunité professionnelle. On peut apporter à une entreprise étrangère le savoir-faire français. Tous les pays ne travaillent pas de la même manière et c’est un réel atout.


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Propos recueillis par Anaïs Beurois, EFAP 2


EFAP, l’école des métiers de la communication