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Rencontre avec Christian Carion, invité d’honneur de la rentrée solennelle

Rencontre avec Christian Carion, son parcours, ses projets, ses conseils aux étudiants...

Comment définissez vous votre travail ? est ce que vous pensez avoir un rôle de transmission, de communication ? un peu de militantisme peut être ?

Non pas vraiment, je fais du cinéma, je raconte des histoires avec des images et du son pour un écran.
Il y a toujours du militantisme, un engagement.Vous ne faites pas un film par hasard.

Il faut que l’histoire soit très particulière pour vous et chacune des histoires pour moi l’a été. « Une hirondelle a fait le printemps » mes origines agricoles, « Joyeux noël » a fait connaître une histoire censurée en France, « L’affaire Farewell » la chute du mur par l’histoire d’un homme inconnu. Un type qui démarre à Moscou et qui dit je peux changer le monde et tout le monde rigole, mais un mois après, François Mitterrand et Ronald Reagan en parle, je trouvait ça magique !

« La guerre de l’eau » est un peu plus militant car les enjeux autour de l’eau vont être colossaux. Pour l’instant les gens prennent une douche, ouvrent les robinets et ne se posent pas de questions. Je pense qu’ils vont s’en poser de plus en plus et peut-être que le film attirera l’attention là-dessus et montrera des choses inconnues du grand public.

À chaque fois il faut trouver quelque chose, ce que j’appelle la nécessité impérieuse, qui doit être particulière pour pouvoir donner tout ce temps.

Comment choisissez vous les thèmes de vos films ? Les histoires ? Y a-t-il un moment pour un film ? Vos films sont très différents ?

Toutes proportions gardées Kubrick n’a jamais fait le même film.

Je ne pense pas qu’il y ait de calcul particulier mais une envie, un instinct… On voit quelque chose ou on ne voit rien ; on a envie de s’embarquer, de raconter cette histoire ; on a envie de telle saveur dans le film, ça tombe à un moment qui va bien, il faut avoir le désir.

« Joyeux noël » est un très vieux désir. Je découvre l’histoire de fraternisation en arrivant à Lyon par hasard, en 1991 et je tourne en 2004.

Il y a des fois où le désir doit attendre le bon moment pour fonctionner. C’est un mélange d’opportunités et d’une envie profonde. jJe suis convaincu que si vous commencez un film en vous disant : “ça je suis sûr que ça va marcher”, c’est la meilleure façon de le rater.

Vos projets ?

Je suis sur 2 projets différents.

J’essaie de travailler sur plusieurs projets en parallèles car tout peut être fragile.

Le plus avancé c’est une adaptation de « Lettres à une inconnue » de Stefan Sweig.

C’ est une nouvelle exceptionnelle, une des plus belles histoires d’amour de la littérature selon moi. Et les histoires d’amour, ça me plait !

Ce personnage de femme qui se brûle pour un égoïste, je trouve ça magnifique, c’est un vrai melo.

J’aime aussi ce genre au cinéma, un film à la Douglas Sirk… ces moments où vous êtes emportés par une émotion sincère, on va essayer de mettre beaucoup de sincérité dans ce projet-là.

J’ai également démarré l’écriture d’un autre fait historique. J’aime beaucoup l’histoire notamment sur une période qui n’a pas été vraiment traitée au cinéma, l’exode en mai 1940. Il se trouve que mes parents sont originaires du Nord Pas de Calais.

En mai 1940, 10 millions de personnes se sont enfuies, ont tout quitté du jour au lendemain, en quelques heures, de peur d’avoir à faire de nouveau aux allemands qui avaient laissés des souvenirs terribles lors de la 1ère guerre mondiale. Ces gens-là étaient abandonnés, il n’y avait pas d’accompagnement, l’administration était partie elle aussi, c’était le Far West. Nous étions retombés à l’état sauvage et cela reste quelque chose d’exceptionnel, très spectaculaire, épique, c’est un western pour moi.

J’ai rassemblé beaucoup d’histoires, d’anecdotes, sur l’exode…et je me suis dit le public ne va pas le croire, il va falloir que je me batte pour leur dire que ça c’est passé comme ça.

Est ce que vous vous battez toujours pour imposer vos films, vos histoires malgré le succès ?

Battre ce n’est pas le mot. « L’affaire Farewell » a été un film plus facile à monter.

Heureusement on capitalise un peu, mais je me rends compte que j’impose des films qui ne sont pas ce qu’attendent les chaînes ! En clair, elles veulent des comédies avec des acteurs connus. Peut être qu’un jour j’en ferais une, comme je dis il n’y a pas de genre, une comédie très bien faite c’est du boulot, c’est beaucoup de talent… est ce que serais capable de faire ça ? Je sais pas.

Cela ne doit pas être facile de tourner des périodes sombres ?
C’est la vie, ils ont vécu des situations drôles, cocasses mais tragiques ; des gens sont morts tout de même, il faut savoir doser mais je pense que ça en vaut la peine !

Imaginons que vous n’ayez pas fait de cinéma mais que vous étiez un élève de l’EFAP, qu’auriez vous choisi comme métier, comme domaine ?

C’est un peu de la science fiction, mes origines ne m’auraient pas orienté vers ce genre d’études, d’école…

J’ai découvert la communication sur le tard, au ministère et j’ai aimé ça. Ca me plaisait, j’allais voir les directeurs départementaux qui n’étaient pas des communicants en leur disant : “les communications internes, vous ne pourrez pas y couper ! Si vous n’expliquez pas aux gens en interne pourquoi vous faites ça, si il n’y a pas une ligne directrice comprise par tout le monde, c’est dangereux. Apprendre aux gens à avoir ce regard là, je trouve cela très intéressant !

Qu’est ce qui vous a fait passer du ministère de l’agriculture, au cinéma ? Un déclic, une personne ?

Le déclic pas vraiment, pendant l’année, je travaillais au ministère et les vacances je faisais des courts-métrages, bricolés au début, puis de plus en plus professionnels… Et il se trouve qu’il y a un des courts-métrage qui a été remarqué lors d’un festival, à ce moment-là, j’ai eu des propositions.

Mais je ne voulais pas lâcher la proie pour l’ombre et « Une hirondelle a fait le printemps » c’était parfait parce que le ministère de l’agriculture soutenait le projet. Je suis allé au ministère au bluff, en leur disant : « voilà, je vais faire le film et compte tenu de ce que ça raconte, il serait dommage que vous n’y soyez pas.” Ils ont accepté, et cela m’a permis de faire en douceur, un passage entre ma vie d’avant et le cinéma.

En écrivant votre biographie, j’ai vu qu’il y avait un producteur qui revenait souvent, quel rôle a t il eu ?

C’est important, il a été le premier à me donner l’occasion de faire un premier film. Il a vu mes courts-métrages, on s’est tourné autour pendant un moment, puis un jour, il vient me voir et me dit : ” je te produis sur cette histoire là”.

Qu’est ce que vous voulez dire aux élèves ?

Essayer de trouver ses propres centres d’intérêts, de ne pas rester figé.

On a aussi le droit de changer, mais il faut toujours être en conformité avec vous à ce moment là, vous aurez alors de la sincérité, du désir de faire, de l’engagement. Il y a tellement monde partout, que la seule différence ne sont pas les compétences, car cela s’acquiere bon gré mal gré, mais l’énergie, l’envie !

Je mise plus sur des gens qui sont dans le désir, dans l’envie que sur ceux qui ont un savoir faire exceptionnel, car ça peut ronronner.
En résumé, savoir ce que l’on envie de faire et être honnête, se donner cette possibilité.

La légion d’honneur en juillet qu’est ce que cela représente pour vous ?« Je suis très fier pour ma mère !!! » (rires)

Je suis très républicain, c’est la représentation du peuple, je suis toujours surpris que les artistes reçoivent la légion d’honneur, il faut d’ailleurs que j’arrête de dire qu’on la donne a n’importe qui.

Il faut jouer le jeu, ça ne se fait pas de refuser je trouve, par contre après, il faut savoir ce que cela veut dire. Toutes proportions gardées, quand je vais à l’étranger pour nos films, j’ai dans le cœur un petit drapeau, je viens défendre une culture, qui n’est pas celle du pays qui me reçoit, donc j’essaie d’être à la hauteur.

Je me sens un peu ambassadeur, je défend mon film mais pas seulement, le cinéma français, son savoir faire, sa diversité, son originalité !
Je parle de cela aussi, pas uniquement de mon film, c’est miraculeux que l’on vienne nous chercher pour des films à l’étranger, il faut donc en profiter.

Il faut se battre, défendre notre point de vue, si c’est ça la légion d’honneur, si c’est la représentation de la France dans le monde, j’y souscris et je le ferai de manière très pacifiste.
Interview de Julie Combaluzier, Promotion 2008
Quand avez vous obtenu votre diplôme ? et qu’avez vous fait depuis ?
J’ai obtenu mon diplôme en 2008 et depuis je réalise des documentaires et des reportages.

En dernière année à l’EFAP j’ai eu une idée de documentaire que j’ai voulu réaliser avec deux amis, étudiants en fac de cinéma à l’Université Lyon II.

Dans le cadre de mes stages durant mon parcours à l’EFAP Lyon, j’ai rencontré des personnes qui ont accepté de me financer : la mairie, le service jeunesse…ainsi que Mr Christian Carion.

Je me suis rendu compte au fil des stages et de mes expériences professionnelles, que je préférais travailler dans l’ombre. Etre dans la lumière est trop prenant, envahissant ; et bien souvent au détriment de sa vie privée…

Je souhaite être documentariste et réaliser des reportages, mais à coté de ça j’aimerais beaucoup écrire des scénarios de films !

Réaliser des documentaires, écrire pour des réalisateurs que j’admire et surtout faire rencontrer différentes personnalités, tout en gardant les pieds sur terre.

Qu’est-ce que l’EFAP Lyon vous a apporté ?
On m’a toujours dit « rien n’est impossible » alors que l’ambiance générale est surtout aux “peut être”, “on va voir”, etc…

Qu’est ce que vous voudriez dire aux élèves ?
Ne jamais lacher et ne pas écouter les autres.

On ne peut pas plaire à tout le monde donc il faut faire sa route et ne pas s’arreter ! Penser aux personnes magnifiques que l’on rencontre, à ces moments magiques, comme cela a pu être le cas pour moi en rencontrant Mr Christian Carion. C’est une personne formidable, un espoir pour les étudiants qui peuvent se dire qu’eux aussi peuvent arriver à faire ce qu’ils aiment, en restant honnête envers soi même ; je le prend souvent en exemple.

Des domaines de prédilection ? des sujets particuliers ?
Celui sur lequel je travaille, sans rentrer dans les détails, est sur le thème de la musique : comment par les vertus thérapeuthiques de la musique, peut-on changer le monde ? En prenant comme point de départ le Brésil et les favelas… J’ai aussi un goût prononcé pour les sujets de société, le social…

J’ai rencontré des personnes incroyables grâce à l’EFAP Lyon, notamment une personne qui m’a fait découvrir le Brésil, j’ai l’impression d’avoir vécu 15 années en 4 ans ! L’EFAP m’a aidé à évoluer, je suis rentrée timide, renfermée sur moi-même et j’en suis sortie 4 ans plus tard, prête à me jeter dans la vie active et à enfoncer toutes les portes !

Réussir à faire de sa passion son travail c’est formidable !
Propos recueillis par Elise Gorgerin

Comité d’Orientation et de Perfectionnement

Le coeur de l’ actu bordelaise

Journées européennes du patrimoine, Marathon Photo Numérique Fnac, Evento : les trois événements culturels de la rentrée font appel au concours des étudiants de l’EFAP et de l’ICART Aquitaine.

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