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Luc La Fay, promo 1965

Luc La Fay, EFAP 65, est aujourd'hui le conseiller au cabinet de Michèle Alliot-Marie. Rencontre au Ministère de l'Intérieur...

Luc La Fay est un ancien de l’EFAP. Diplômé en 1965, du temps où les cours se déroulaient encore rue Mr Le Prince, il a mené une brillante carrière et s’apprête à prendre (enfin !) sa retraite. Contacté grâce à Facebook, il a accepté de me recevoir avec plaisir (du moins, il me semble !). Le rendez-vous est donc pris Place Beauvau, en ce jeudi après-midi bien ensoleillé.
« Place Beauvau » désigne certes, une place, mais aussi le très chic Ministère de l’Intérieur. Me voilà donc entrant au milieu des journalistes, eux-mêmes armés de caméras et autres micros, à présenter mes papiers d’identité. Je me fais alors conduire par un “homme en uniforme” jusqu’au bureau de Monsieur le Conseiller au Cabinet de Madame Michèle Alliot-Marie.

Luc La Fay m’accueille avec un grand sourire et accepte de me raconter son parcours passionnant et semé d’embûches.Mémoire EFAPienne
Les raisons qui l’ont poussé à intégrer cette école ne sont pas très “catholiques” mais celles qui l’ont fait y rester, le sont parfaitement ! En réalité, admis à SciencesPo, il décide finalement de suivre sa petite amie à l’EFAP. Finalement, il est conquis par les cours et par le monde de la communication ! Il garde un très bon souvenir de ses professeurs dont, Marx Herold, Chaumely, et surtout François de Teyssier qui lui a fait partager sa passion pour l’économie alors que la Faculté de droit lui avait fait détester cette matière. Il se souvient aussi d’un devoir où il avait obtenu la meilleure note de l’EFAP : il devait inventer un produit et son lancement (il avait inventé le parfum “Ladyland”…). Après 40 années passées, il en est encore fier !

Au sein de l’EFAP, Luc La Fay avait aussi pu faire un stage au CNJA (Centre National des Jeunes Agriculteurs). Il l’avait trouvé passionnant : il avait pu écrire des articles dans le journal, organiser des voyages. Il était même parti en Normandie et était rentré en voiture avec le Directeur Général et sa femme. Il s’était alors endormi sur le trajet du retour. Plus tard, il avait rencontré cette même femme au milieu d’une soirée qui annonça devant plein de monde : « Ah ! Mais c’est le jeune homme qui a dormi avec moi ! ».

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Début de carrière prometteur mais difficile
Une fois diplômé et une fois le service militaire terminé, Luc La Fay cherche en vain un travail. Nous sommes en plein mois de Mai 68 et réaliser des entretiens d’embauche n’est pas l’idéal surtout quand on est jeune et qu’on doit se taire (célèbre slogan utilisé par les 68tards « Sois jeune et tais-toi »). En laissant son CV un peu partout, il finit tout de même par recevoir une réponse du Cabinet d’Edgar Faure qui est alors le Ministre de l’Éducation Nationale. Sa mission consistait alors à faire une synthèse de la presse tous les matins. En quelques mois, il prend du grade et obtient ainsi des missions plus intéressantes. Mais, en 1969, le Général de Gaulle démissionne et le cabinet d’Edgar Faure s’effondre.

Robert Boulin, nommé ministre de la Santé Publique et de la Sécurité Sociale, le charge de la communication du Cabinet. Quand celui-ci s’est suicidé dix ans plus tard, Luc La Fay, très proche, souffre beaucoup. L’affaire fit beaucoup de bruit dans les médias, sa fille soupçonnant un assassinat.

Les années passent, il se marie, a des enfants… Mais, par peur à chaque rumeur de remaniement ministériel de perdre son emploi, il décide de faire la préparation ENA au Ministère des Finances.

Homme de droite à gauche
“Placardisé” en 1981, Luc La Fay s’ennuie beaucoup : il en profite pour écrire plusieurs ouvrages. Un de ses amis le fait rentrer au Ministère du Travail comme « Membre de la mission promotion de l’emploi ». Il y reste presque un an où là, par contre, il s’amuse beaucoup. À ce moment, la Chef du service de presse du Ministère du Travail part à la retraite et il postule à sa place avec succès.

En 1988, la gauche de Mitterrand prend une seconde fois le pouvoir. Luc La Fay croise alors, le soir des résultats, Lionel Stoleru, un ami à qui il avoue qu’il s’ennuie à son poste. Quelques jours plus tard, ce même Lionel est nommé secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre : il appelle son ami et le nomme Chef de cabinet. Homme de droite et propulsé à ce poste important, il s’amuse beaucoup et profite au maximum de cette expérience.

Communication Gouvernementale
Bien que parfois attaché de Presse, Luc La Fay a majoritairement fait de la communication gouvernementale. Sa mission, comme conseiller parlementaire, consiste à convaincre les oarlementaires des bienfaits d’un texte de loi, d’un décret et à le faire vendre. Avoir affaire à un député ou un sénateur ressemble beaucoup à avoir affaire à un journaliste puisqu’il s’agit toujours de convaincre. Toutes les mises en scène sont acceptées tant que personne n’est froissé. Il se souvient par exemple, de moments compliqués comme lorsqu’il était attaché parlementaire au cabinet de François Fillon : ils devaient faire passer une loi sur les retraites qui était loin d’être acceptée. Ensuite, préparer les “questions au gouvernement”, c’est un peu comme préparer une conférence de presse : il doit imaginer toutes les questions qui seront posées pour trouver les réponses adéquates.

Dès les années soixante-dix, ce sont les grands débuts de la communication. Luc La Fay a par exemple l’idée, avec d’autres, de créer des émissions journalistiques pour expliquer les textes de lois ou de décrets. Aujourd’hui pratique courante, elle ne l’était pas du tout à l’époque. Elle a permis de changer un peu l’image du gouvernement, de montrer qu’il travaillait !

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Le mot de la finÀ 65 ans, Luc La Fay devrait être à la retraite mais passionné par son métier, il a réussi à repousser l’échéance. L’évolution de sa carrière est surtout due à ses relations, ses amis qui lui ont proposé de bons postes. Il pense qu’il aurait eu beaucoup moins de chance en envoyant son CV par la poste. Mais, il a aussi su gérer sa carrière comme il le voulait. Par exemple, Il s’est présenté comme conseiller municipal dans sa commune, mais, au bout de 6 ans, il a fini par se rendre compte qu’il n’avait plus de vie de famille, et il a préféré arrêter pour s’occuper de sa famille. À la retraite, il compte écrire des ouvrages, que ce soient des romans ou même ses mémoires…

À la fin de sa carrière, il se souvient de son premier poste, chez Edgar Faure, qui disait que dans un cabinet ministériel, il y a 3 types d’hommes : les chats, les chiens et les singes. Les chats s’installent dans un cabinet et quel que soit le ministre, font leur travail. Les chiens, eux, sont fidèles : ils suivent leur ministre dans les meilleures comme les pires situations. Les singes, quant à eux, sautent de branche en branche, de cabinet en cabinet… Luc La Fay aurait plutôt tendance à être chien mais son parcours l’a poussé à être un sacré singe !
Merci à Luc La Fay d’avoir eu la gentillesse de me recevoir aussi bien !
Anaïs Beurois, EFAP 2
EFAP, l’École des Métiers de la communication

Publié le 25/01/2011

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